Les causes profondes de la maladie mentale – Stéphane ALLIX

« La majorité des psychiatres que j’ai questionnés sur la distinction qu’ils faisaient entre folie et perceptions extra-ordinaires m’ont touché par l’honnêteté de leur réponse. Aucun de m’a affirmé que ce que voyaient les fous n’existait pas. Mais tous ajoutaient immédiatement que pour un psychiatre, ce questionnement autour de la réalité ou de l’irréalité des expériences rapportées par leur patient était au final très secondaire :

La première question qu’ils se posent est : Est-ce que mon patient souffre ou pas? Est-ce que les voix qu’il dit entendre dans sa tête le perturbent ou pas? En cas de souffrance, ils travaillent à l’atténuer, en règle quasi générale avec des médicaments. Parce qu’il n’y a pas d’autre option pour répondre à l’urgence. Ils sont conscients que leur prescription ne guérit pas, mais qu’elle fait taire les voix, le délire, tout ce qui est insupportable au malade. C’est le problème du frère de Loan : il est potentiellement dangereux et seules de fortes doses de médicaments, qui l’assomment, l’empêchent d’être menaçant pour lui-même ou pour les autres.

Mais alors justement, la solution ne serait-elle pas de chercher dans les causes profondes de la maladie? C’est l’avis d’un nombre croissant de professionnels de la santé qui, au-delà de la réponse thérapeutique immédiate à la souffrance, tentent, par des approches parfois très diverses, d’identifier les causes de ces fragilités parfois incommensurables qui touchent leurs patients. Quitte à ce que cette interrogation les emmène vers le monde invisible. Ces médecins, ces psychothérapeutes, ces psychologues sont d’admirables pionniers. C’est pour rassembler les connaissances qu’ils ont acquises à travers le monde et mieux les faire connaître en France que Paul BERNSTEIN et moi avons initié la rédaction du Manuel clinique. Et que j’ai fondé L’INREES (L’institut de recherche pour les expériences extraordinaires – ndlr). Mais ces femmes et ces hommes que j’évoque sont des pionniers et malheureusement la prise en charge de la maladie mentale au quotidien est dans notre pays (La France – ndlr) parfois aberrante. »

Stéphane ALLIX
Extrait de son livre Le Test, Albin Michel.

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S. ALLIX Bandeau 2016

ndlr : note de la rédaction

 

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