Apprendre avec le coeur – Jacques SAMSON

« Le jeune est le décideur de la direction à suivre, c’est sa personnalité qui le guide, c’est sa vie. Il est indéniable que c’est en-dehors de l’école que la personne apprend le plus. L’école de la vie est le meilleur endroit de formation. Je suis toujours surpris de constater que des personnes puissent penser que tout leur savoir actuel vient de l’école. Que fait-on des expériences de la vie qui nous font apprendre de nouvelles choses tous les jours et compléter ce que nous savons déjà? C’est dans cet espace de la vie hors de l’école que s’applique concrètement ce que l’école propose d’apprendre.

C’est pourquoi il faut recréer à l’école les circonstances permettant au jeune d’avoir des contacts avec la société où il vit, et de se préparer à apprendre constamment. Chaque personne apprend à son rythme, selon ses intérêts et ses besoins. Le succès mitigé, et de plus en plus mis en cause, de la qualité de notre enseignement, vient de notre volonté d’enseigner uniformément à tous le même contenu surchargé des programmes. On doit développer des modes d’apprentissage tout à fait différents qui permettront aux enfants et aux jeunes d’apprendre, à leur rythme et selon leurs choix, le contenu minimal des programmes révisés tout en développant leurs qualités individuelles.

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Il n’y a aucune habileté commune d’apprentissage chez l’humain à part le jeu, la curiosité et l’intérêt d’apprendre ce qu’on aime. Plus nous forçons les jeunes à apprendre de tout, plus ils se rebutent et décrochent. Pour passer un examen, ils peuvent faire l’effort de dernière minute que tout étudiant a connu, soit passer la nuit blanche supporté par le café. La suite ne fait aucun doute, ce sera oublié rapidement. (…)

Notre expérience de fonctionnement structuré, que nous continuons à croire essentiel, ne nous laisse aucune chance de regarder autrement et d’apporter des ajustements majeurs au plus grand bénéfice de nos enfants et de nos jeunes. On doit jalonner leur parcours de balises souples et non obligatoire à l’intérieur desquelles ils peuvent vraiment choisir. Dans ce contexte, l’échec n’existe pas. Il y a des écoles où il n’y a pas d’examen. Les jeunes y apprennent pourtant très bien. Ces écoles, majoritairement privées, sont très recherchées malgré les coûts souvent élevés et les listes d’attente. Pourquoi? Les enfants et les jeunes aiment s’y retrouver, s’y sentent respectés, ont du plaisir à apprendre et réussissent souvent mieux que ceux des écoles reconnues. Mieux encore, ils y développent leur autonomie, prennent conscience de leurs forces et apprennent à les utiliser. Ils développent la motivation intrinsèque de prendre leur vie en mains. C’est ce que les parents recherchent et que les écoles publiques, et même beaucoup d’écoles privées, ne donnent pas.

Le contenu actuel des programmes d’enseignement doit être révisé de façon à ce qu’ils deviennent vraiment des outils concrets au service de la personne. La philosophie qui en supporte l’élaboration et le vécu est des plus simples : « Donner un poisson à une personne qui a faim, c’est nourrir une seule fois; lui apprendre à pêcher, c’est la nourrir pour la vie. »

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Nous devons créer des boîtes à outils (détaillées dans le livre de l’auteur – ndlr) pour remplacer les programmes scolaires actuels. Quelque soit l’approche pédagogique utilisée dans les écoles, ces nouvelles boîtes à outils sont essentielles pour permettre à nos enfants et à nos jeunes d’apprendre tout en développant leurs capacités individuelles et leur autonomie. Elles sont importantes aussi pour leur permettre le développement des habiletés essentielles aux adultes du 21ème siècle (…)

Toutes ces notes sur le choix individuel n’empêchent pas la mise en place d’exigences minimales pour tous. La connaissance des bases de la langue maternelle et des mathématiques est une obligation incontournable. Il y a aussi des éléments importants dans d’autres programmes scolaires. C’est l’approche pédagogique qui va faire la différence. Leur enseigner selon la vision linéaire du passé crée encore plus de difficultés à nos enfants. Il faut trouver comment faire en sorte que l’enfant et le jeune se motivent d’eux-mêmes, de l’intérieur, pour apprendre maintenant et demain tout en développant leurs habiletés individuelles. »

Jacques SAMSON – Biographie
Extrait de son livre L’école en péril : Motivons nos enfants à apprendre (Éd. C.A.R.D)

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