Ce que vous ne savez pas sur la Perversion Narcissique – Roméo Cournal

« La perversion narcissique est presque devenue un lieu commun. Il est tellement fréquent d’entendre dire qu’un homme ou une femme est un.e pervers.e narcissique qu’on a l’impression qu’il n’existe plus aucun autre problème relationnel, tant au niveau personnel que professionnel. Comme souvent dans pareil cas, on finit par oublier la définition même de ce qu’est la perversion narcissique. Mieux encore, chacun y va de sa définition. De mon point de vue de coach de vie et de formateur spécialisé en neurosciences appliquées, la perversion narcissique est un schéma relationnel. Puisque c’est un schéma relationnel, il ne s’agit pas pour moi de définir qui est le pervers et qui en est la victime…

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Voici donc ma définition de la perversion narcissique : schéma relationnel dans lequel l’un et l’autre des protagonistes usent de stratégie plus ou moins perverse pour capter l’attention de l’autre, garder l’attention de l’autre, ne pas perdre l’attention de l’autre. Ce sont trois objectifs bien distincts. Rappelons dans un premier temps qu’aucun point de vue n’en écartant un autre, le propos que je tiens ici n’exclut ni n’efface en rien les autres propos que vous avez pu lire çà et là, ou celui que vous entretenez au sujet de vos PN (pervers narcissiques) préférés. Si la perversion narcissique est un schéma relationnel, cela signifie que le schéma est entretenu par tous les protagonistes. Ainsi donc, il n’existe pas de pervers narcissique en soi, mais des blessés narcissiques. 

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La blessure narcissique se caractérise par la peur de mourir par un manque d’attention de l’extérieur. Nous sommes tous passés par cette blessure, nous l’avons tous entretenue, et très peu d’entre nous en sont sortis. Je fais moi-même partie de ces personnes qui y sont encore. La blessure narcissique est une conséquence du conditionnement socio-éducatif et culturel dans lequel nous évoluons depuis notre naissance. Cette blessure entraîne une compulsion comportementale que les spécialistes appellent DIP (dépression infantile précoce). La dépression infantile précoce est une compulsion comportementale à capter, garder et ne pas perdre l’attention de l’autre. Il est vrai que dans les premières années de notre vie, l’interaction avec nos semblables est indispensable pour notre survie biologique, et surtout, c’est le plus grand danger qui pèse sur cette dernière. Gardons en tête que l’espérance de vie d’un enfant sur lequel aucun regard n’est posé, ce qui – Dieu merci –  n’arrive jamais, est de l’ordre de 36 à 48 heures. C’est donc par instinct de survie que notre système nerveux met en place cette peur de mourir par manque d’attention, puisque le danger est bien réel. C’est aussi par instinct de survie que notre cerveau met en place ce schéma comportemental qui nous pousse à nous assurer de l’attention des personnes autour de nous, et donc de notre survie biologique.

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Ce phénomène est sensé s’arrêter à l’adolescence mais les structures socio-éducatives et culturelles de notre civilisation l’en empêchent. C’est ainsi que vous et moi avons créé par instinct de survie ce que Carl Gustave JUNG appelle le Moi Social : personnage fictif, superficiel et sur-adapté auquel nous nous sommes identifiés et que nous avons oublié que nous ne sommes pas. C’est donc notre identification individuelle à ce moi social qui nous pousserait à user de stratégie pour nous garantir l’attention de l’autre. Je précise que lorsque je parle d’attention, je ne parle pas d’affection, je ne parle même pas d’approbation, je parle seulement d’attention. C’est là également qu’il faut noter que la violence est une marque d’attention extrême. Quand on ne trouve pas l’attention dans l’affection, il est beaucoup plus facile de la chercher dans la violence. Ceci explique la psychologie des opprimés, ou des victimes si vous préférez.

C’est cela qui explique le penchant naturel et tellement fort que beaucoup entretiennent pour la posture victimaire. Dans un schéma de perversion narcissique, celui qui occupe la posture du bourreau, tout comme celui qui occupe la posture de victime, sont tous deux des blessés narcissiques. La stratégie du bourreau pour s’assurer l’attention de sa victime est la violence (sous toutes ses formes) qu’il exerce sur elle, et cette tendance qu’il aura à l’empêcher de regarder ailleurs : « Le temps que ma victime ne passe pas à faire attention aux autres, elle le passe à faire attention à moi ». La stratégie de la victime pour se garantir l’attention de son bourreau est précisément sa posture victimaire. La dépendance dans laquelle elle se place où elle se laisse placer. Dépendance affective, dépendance matérielle, dépendance sexuelle sont autant d’expressions de cette stratégie. L’expérience m’a montré que le jugement normatif qui vise à définir le « méchant PN » comme étant le bourreau à abattre et la « gentille victime » comme la pauvre représentante du camp du « bien » à protéger, ne fait que renforcer ce schéma délétère.

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Ainsi donc, si vous pensez être victime d’un pervers narcissique, puisque bien évidemment vous ne penserez jamais être un bourreau, sachez que vous êtes tout autant blessé narcissique que la personne que vous qualifiez de bourreau. Si l’addiction neuro-émotionnelle dont vous souffrez vous fait suffisamment mal, je vous recommande fortement d’envisager un accompagnement neuro-émotionnel, ou toute démarche sincère et sérieuse qui vous permettrait de guérir votre blessure narcissique et dépasser votre dépression infantile précoce. Je peux affirmer sans ambages que toute autre tentative est au mieux une perte de temps, au pire, une gesticulation.
Âme-usez-vous bien ! »

Roméo COURNAL
Formateur en Neurosciences Appliquées
Praticien en Thérapies Brèves – Coach Intuitif


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3 commentaires sur “Ce que vous ne savez pas sur la Perversion Narcissique – Roméo Cournal

  1. Bien vu mais incomplet.

    Les personnes qui se retrouvent dans la posture victime le sont précisément parce que leur système de croyances le permet. C’est inconscient, certes mais c’est effectif. Je vous recommande de participer au prochain webinaire « rendre conscient l’inconscient ». Vous aurez plus d’information à ce sujet.

    La proie est justement inconsciente de son addiction neurochimique aux émotions désagréables que lui occasionne son bourreau sans qui elle ne peut vivre. C’est pour cela que les victimes s’arrangent pour être suffisamment dépendantes pour ne pas pouvoir quitter leur bourreau. Vous aurez observé que même lorsqu’elle le peuvent, elles restent ou s’empressent d’en trouver un autre. La victime elle aussi joue parfois – voir souvent – le rôle de bourreau.

    Au niveau énergétique retenez bien que JAMAIS l’équilibre n’est rompu. L’Ordre Naturel des Choses ne peut pas être menacé. Voire affecté !!!
    Les déséquilibres n’existent pas dans l’énergie. Le créateur est trop parfait pour cela. Vous pourrez en référez à n’importe quel énergéticien de n’importe quelle approche énergétique. C’est comme en comptabilité où toujours et en tout lieu, l’actif est égal au passif.

    Je vous recommande de vous informer sur les réalités de la blessure narcissique et de la dépression infantile précoce. Vous serez surprise des conséquences neurologiques. Vous serez également émerveillée par la possibilité que la victime a de s’en sortir par elle même, vu qu’elle y est entré par elle même. Par son pouvoir créateur.

    La bonne nouvelle est que personne ne perd jamais son pouvoir créateur. La mauvaise nouvelle c’est qu’on peut s’en servir contre soi au point de l’oublier et croire qu’on l’a perdu. Et comme toutes les croyances se vérifient…

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  2. Il y a certes une blessure narcissique de part et d’autre. Toutefois, pour moi cette analyse fait un peu vite oublier que le PN cache très bien son jeu au départ et qu’il/elle ne révèle sa face de bourreau que peu à peu, parfois de manière distillée entre des périodes de relations normales ce qui sème la confusion dans l’esprit de celui/celle choisi(e) comme « proie » dont l’énergie est peu à peu pompée. La relation peut devenir celle que vous décrivez si la « proie » reste consciemment dans le jeu plutôt que d’en sortir lorsque la relation est devenue ostensiblement « perverse » à ses yeux (le PN cherchera toujours à cacher son jeu vis-à-vis des personnes extérieures à cette relation, et joue d’ailleurs parfois auprès de celles-ci un rôle de victime à diverses occasions…). Au niveau énergétique, l’un se remplit, l’autre se vide : dans ce cas où les « gains » ne s’équivalent pas, sans parler de méchant et de gentil, peut-on vraiment laisser penser qu’il y a un certain équilibre pour autant ?

    Aimé par 1 personne

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