LES 3 VISAGES du « Cadavre Sanglant »
Dans le taoïsme, le cadavre sanglant désigne une force instinctive liée à la survie, à la peur, à la sexualité et au besoin de contrôle. Elle peut nous pousser à dominer, lutter ou, au contraire, à nous réprimer et nous soumettre. Mais il existe une troisième facette de ce « dictateur biologique », beaucoup plus discrète : l’Endormi. Ici, rien ne semble vraiment se passer. L’envie s’éteint, les élans créateurs diminuent, la résignation et l’immobilisme s’installent…jusqu’à nous faire vivre en pilote automatique. On laisse les autres décider. Pourtant, l’énergie vitale est là, mais elle ne circule plus. Cet article explore les mécanismes du cadavre sanglant et leurs conséquences sur notre corps et la société…

LE MÉCANISME DU « CADAVRE SANGLANT »
Dans un récent ouvrage, Gilles et Rose GANDY évoquent le cadavre sanglant : un principe du Taoïsme qui désigne une énergie logée dans le bas ventre, qui représente l’instinct de survie, de reproduction, et la peur de mourir. Le cadavre sanglant agit par la contrainte et la force, avec 2 stratégies principales : la fuite (qui inclut la récupération d’énergie par la plainte ou la manipulation) et la lutte pour la survie. Il se manifeste à travers les comportements d’agressivité, de colère, de violence, de rébellion, de domination…ou à l’inverse, de soumission. Il représente les instincts primaires, les pulsions incontrôlables.
Ce « dictateur biologique » détourne la force vitale de l’individu, soit contre lui-même (autodestruction, mécanisme yin), soit contre les autres (agressivité et violence, mécanisme yang). Il est rattaché aux reins, qui sont le réceptacle de l’énergie vitale transmises par les lignées à la descendance; à la vessie, qui permet de marquer et protéger son territoire; aux organes sexuels qui permet à l’espèce de se reproduire, et aux organes digestifs.
Nous rencontrons le cadavre sanglant dans beaucoup de phénomènes collectifs qui se densifient en ce moment. Deux autres de ses facettes sont la limitation de la libre-circulation, et l’activation de la peur. Il agit également sur l’énergie sexuelle qu’est l’argent, en limitant la circulation de cette source vitale et la concentrant de manière disproportionnée entre les mains de quelques uns.
COMMENT AGIT-IL EN NOUS ?
Voyons donc nos mécanismes internes qui permettent ce désordre collectif, car c’est ici que nous pouvons – et devons – agir, nous disent Rose et Gilles GANDY. Comme toute forme de vie, le cadavre sanglant fonctionne selon les lois des polarités :

YANG = le mouvement de l’énergie masculine est tourné vers l’extérieur (on parle de type d’énergie, pas spécifiquement des hommes). Le cadavre sanglant agira ici sur les autres, qu’il essaiera de contraindre par la force dans toutes les situations, à l’image du dominant, du despote…
- Utiliser sa force physique pour obtenir satisfaction dans tous les domaines, y compris sexuel
- Se servir de son statut social, de son poste de direction, pour imposer son point de vue
- Cultiver les rapports de force dans ses relations (politique du bras de fer)
- Croire que l’on détient une vérité supérieure à celle des autres
- Acheter l’autre par l’argent
- Éteindre l’expression de l’autre par tous les moyens
- Pas d’écoute sensible d’autrui
- Croyance que seuls les plus forts ont le droit d’exister
- Besoin de démontrer sa puissance
- Fonctionnements abusifs.
Conséquences : Cela conduit les personnes à subir des limitations corporelles très contraignantes : maladies digestives provenant d’abus d’alcool, d’excès de viande etc, paralysies ou longues périodes d’immobilisation, accidents corporels graves. Foie, pancréas, intestins, structure osseuse et articulations peuvent être touchés.
YIN = le mouvement de l’énergie féminine est tourné vers l’intérieur (on parle de type d’énergie, pas spécifiquement des femmes). Le cadavre sanglant agira ici en interne, en répression. À l’image d’un censeur, il va agir en limitations que l’on s’impose, à agir de telle ou telle façon…et va limiter les fonctions naturelles de l’humain :
- Réprimer sa puissance sexuelle par tous les moyens, se contraindre
- Développer une morale excessive (en fait, c’est un surmoi mental qui est à l’oeuvre)
- Réprimer son expression verbale, se taire, rester dans le mutisme
- Réprimer ses actes, s’adonner à un discipline stricte, jusqu’à l’ascèse et la martyrisation
- Se croire impuissant, limité, petit
- Agir en soumission, en étant aux ordres de quelqu’un d’autre
- Pensées obsédantes concernant la saleté, le sexe, la peur de mal faire
- Culpabilisation interne sans critères objectifs, blâme.
Conséquences : Dans le mécanisme d’introversion, la répression interne de l’énergie vitale fait un effet « cocotte minute » qui détruit la personne, pouvant conduire jusqu’au suicide. Les conséquences physiques mettent du temps à se remarquer, puisqu’il s’agit d’une accumulation intérieure. Les signes apparaissent sous forme de blogage des articulations, de douleurs des muscles et tendons, de rigidités, de tics et de troubles obsessionnels compulsifs (TOC)…

L’ENDORMI / NEUTRE = Lorsqu’il n’y a pas de polarisation du cadavre sanglant, il n’y a pas de mouvement. C’est une position neutre, où son énergie ne s’exprime pas. Or c’est une force colossale puisqu’il représente la pulsion vitale de reproduction de l’espèce. Cela sclérose et endort la personne, l’empêchant de se réaliser. Tel un esclave, car son action est dirigée par les autres, comme si la personne n’avait pas accès aux commandes de son propre véhicule. En voici quelques exemples :
- Absence d’envie pour soi. La vie est morne et sans saveur.
- Absence d’attractivité. La routine s’installe.
- Manque d’expression des polarités : les hommes ne sont pas fécondants, les femmes ne sont pas nourrissantes. Accroche faible (pas sexy).
- Résignation face aux situations, inertie, fatalisme.
- Attitude générale de soumission. On se laisse vivre.
- Résistance passive. Rien ne peut faire bouger la personne, à l’image d’un éléphant coincé dans un couloir.
Conséquences : le corps s’étiole par manque de tonus, la création cesse par manque d’envie, la vie est morne et insipide, et l’âme s’endort au lieu de s’éveiller. Pour commencer, on observe un manque de fluidité dans le corps. Puis cela se transforme en accumulation par manque de circulation. La personne grossit, s’empâte. Des objets inutiles s’entassent. Les contraintes sociales et personnelles enferment l’individu dans des comportements répétitifs (compulsions). In fine, le corps ne peut plus être utilisé par l’âme pour sa réalisation. Mais l’énergie du cadavre sanglant reste bien active en sous-main ; ce qui peut donner lieu à des éruptions volcaniques de colère et de violence, qui se déchaînent sur l’environnement ou sur soi-même.
CONCLUSION
Au plan individuel, le cadavre sanglant agit sur le corps physique par agressivité (attaquer les autres), répression (se contenir et lutter de l’intérieur), ou par léthargie et résistance passive (absence de stimuli). Il porte ainsi atteinte à la vitalité du corps en cassant sa structure, la faisant exploser, ou en la rendant inerte. Dans tous les cas, il rendra le corps inutilisable. Le corps étant le véhicule de l’âme, la personne croit qu’elle ne peut plus se réaliser dans la matière et elle aura envie « que cela cesse ». Le piège est de croire ainsi trouver une libération. Car c’est le cadavre sanglant qui espère cela !
Pour ne pas alimenter l’énergie du cadavre sanglant en nous, il est conseillé d’éviter les excès alimentaires et d’alcool, la viande (active l’instinct), les plats lourds etc… Sur le plan émotionnel, éviter les divertissements violents ou pornographiques : films, jeux, sports… Ne pas pratiquer d’ascèse violente non plus (Yin). Et enfin renoncer à la toute puissance dans la matière, que ce soit sur les autres ou sur soi-même !

Extraits du livre de Gilles et Rose GANDY :
Les 3 épreuves qui attendent l’humanité
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